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Une terrasse durable

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Article par ANDRÉ DUMONT @ La Presse


Bois traité, cèdre, composite, fibre de verre… Les matériaux pour planchers de balcons et terrasses ne sont pas tous égaux. Voici un aperçu du coût, de la durabilité et des besoins en entretien de chacun.

Les planchers de balcons et terrasses sont exposés aux intempéries, aux rayons du soleil et aux bris par frottement et impact. La résistance à la détérioration varie énormément d’un matériau à l’autre. Les produits haut de gamme ne sont pas nécessairement libres d’entretien et, à l’inverse, bien entretenus, les produits les moins chers peuvent s’avérer durables.

Contreplaqué et fibrociment

D’une épaisseur de 17 ou 19 mm, les contreplaqués pour balcons ont une surface de plaquage de bois rigide. À 60 $ la feuille de 4 pi x 8 pi, c’est l’option la plus abordable – et la moins durable – pour recouvrir un plancher de balcon. La face supérieure et les extrémités doivent être peintes au moins tous les trois ans. L’eau finit toujours par faire pourrir les matériaux, souvent en moins de 10 ans. Les panneaux de fibrociment de 12 mm sont parfois utilisés pour les planchers de balcon. Ce choix est discutable, puisque ce matériau ne peut être peint et il résiste mal aux impacts. Mal installé, il se fissurera. Autour de 150 $ la feuille de 4 pi x 8 pi.

Bois traité

Les planches d’épinette traitées sont de loin le produit le plus populaire pour les planchers de terrasses, notamment en raison du prix (2 $ le pied carré). Le bois traité de couleur rousse (imitation cèdre rouge) a remplacé le vert rebutant. Il ne contient plus d’arséniate de cuivre chromaté, un produit très efficace pour prévenir la pourriture, mais qui pouvait être nuisible à la santé dans les jours suivant son application. Selon Jean-Marc Prudhomme, directeur principal, produits forestiers, chez BMR, les consommateurs ignorent souvent que le bois traité doit être installé du bon côté. Les anneaux de croissance doivent décrire une courbe vers le haut. Ainsi, si le bois se recourbe, l’eau s’écoulera des deux côtés. Après un an, il faut appliquer une teinture pour prévenir le grisonnement. Très souvent, le bois traité a été installé trop serré. L’espace entre les planches est inexistant ou insuffisant. L’eau et les débris végétaux s’accumulent entre les planches plutôt que de tomber sous la terrasse.

Pin embouveté

Les planches de pin embouvetées demeurent ce qu’il y a de plus beau pour les balcons de propriétés anciennes. Les cours à bois spécialisées tiennent encore ce produit relativement abordable, qui a beaucoup de cachet lorsque teint ou peint avec goût. Ces planches doivent être installées très serrées les unes contre les autres, par vissage en diagonale dans la rainure «femelle». Si des interstices apparaissent entre les planches, l’eau y stagnera. En l’espace de quelques années, le bois pourrira, et les fourmis charpentières s’installeront.

Cèdre, ipé et autres espèces

Beaucoup plus cher que le bois traité, le cèdre rouge de l’Ouest a des propriétés chimiques naturelles qui le rendent imputrescible. En contact permanent avec l’humidité du sol ou baignant dans l’eau, il ne pourrira pas. Il requiert néanmoins une teinture pour conserver sa couleur et ne pas grisonner. D’autres espèces de bois brut peuvent aussi se retrouver sur les balcons et terrasses, comme la pruche, l’ipé ou le garapa. Elles sont très durables, mais à défaut de les entretenir, leur couleur changera.

Composite

Le bois composite est un mélange de matière plastique et de fibre de bois. Les planches ne requièrent aucun entretien. Elles conservent leurs dimensions et leur couleur au fil des ans. Les plus abordables se vendent à un peu plus de 3 $ le pied carré. Selon Jean-Marc Prudhomme, ce sont des produits d’entrée de gamme, fabriqués en Chine, qui deviennent très chauds au soleil et qui ont une durée de vie d’environ 15 ans. Des planches de composite de meilleure qualité (marques Trex, Deckorators) sont maintenant offertes sur le marché. De fabrication américaine, elles coûtent autour de 7 $ le pied carré. «Certaines ont deux teintes de couleur, le produit est moins chaud pour les pieds et il est très résistant. On ne verra pas le bout de ces produits», affirme Jean-Marc Prudhomme.

Fibre de verre

Les planchers composés d’une grande plaque de fibre de verre sont fabriqués sur mesure. Ils ne requièrent pas d’entretien. Longtemps offerts seulement en gris, ils existent aujourd’hui dans une large gamme de couleurs et de textures. Pour ceux qui sont prêts à renoncer au cachet du bois, il s’agit d’une option abordable et durable. Il faut éviter les coups de pelle et autres impacts qui peuvent fendre la fibre de verre. Celle-ci peut se fissurer d’elle-même, notamment sur les arêtes. L’eau s’infiltre alors et fait pourrir le contreplaqué encapsulé. La fissuration est irréversible, et il ne reste plus qu’à prévoir le remplacement de l’ensemble du plancher.

Béton armé

On retrouve beaucoup de balcons en béton sur les maisons des années 60 ainsi que sur des édifices de condominiums. Si la structure soutenant ces balcons est solide, le béton n’aura jamais à être changé. Une nouvelle surface de béton peut être appliquée pour redonner fière allure au plancher. On peut aussi le couvrir de carreaux de 30 cm de lattes de bois composite, faciles à trouver parmi les produits saisonniers en quincaillerie (de 3 à 5 $ le pied carré).

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