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Une chambre, plusieurs enfants

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NATHAËLLE MORISSETTE @ La Presse


Partager sa chambre avec son frère ou sa soeur, voilà une réalité que vivent bien des enfants. Bon goût, espaces de rangement et aménagement de petits coins secrets contribuent généralement à une colocation harmonieuse.

Un dortoir pour quatre

Élisabeth Gosselin et Pierre-Olivier Pharand aiment leur maison située dans un quartier de Laval qui leur permet de faire leurs emplettes à pied et où les grands-parents, qui habitent tout près, peuvent voir leurs petits-enfants comme bon leur semble. Seule ombre au tableau : la demeure compte deux chambres… et ils ont quatre enfants. Qu’à cela ne tienne, ils ont décidé d’installer les lits et les jouets de leur petit quatuor dans la même pièce.

Mission impossible ? Avec beaucoup de créativité… et un maximum de rangement, Élisabeth Gosselin, en congé de maternité, a admirablement relevé le défi. Résultat : Lola-Rose (6 ans), Lili-Pierre (4 ans), Charles-Alec (2 ans) et Léa-Jade (3 mois) vivent en harmonieuse « colocation ». Les enfants ont même accueilli dans leur antre un aquarium et quelques petits poissons, en plus des deux chats et du chien qui agissent aussi à titre de compagnons de jeu.

« Ils ne veulent pas de chambres séparées ! a lancé leur père en riant, lorsque La Presses’est rendue sur place pour visiter le petit dortoir. Ils sont habitués de tout faire ensemble. » Comme quoi, le clan est tissé serré.

Lors de notre passage, les enfants ne se sont pas fait prier pour nous faire visiter leur refuge : une grande pièce lumineuse donnant sur un petit parc, où les deux filles aînées ont fait de leurs lits superposés un petit nid secret alors qu’à l’autre extrémité, leur frère bénéficie d’une cabane sous laquelle on a aménagé un espace pour son établi, ses outils et sa voiture de police. Au centre trône le lit de bébé et un douillet fauteuil blanc destiné à consoler les pleurs de la petite dernière.

Maximiser l’espace

Au départ, la grande difficulté du couple était bien sûr l’exploitation de l’espace. On a d’abord renoncé à la chambre principale, histoire de laisser la plus grande pièce aux tout-petits. À partir de là, tout est une question d’organisation. « Chaque chose a une place, souligne la mère de famille. Ça prend vraiment des enfants autonomes. »

Ainsi, une commode à deux tiroirs, d’occasion, décapée et repeinte en blanc permet d’accueillir les déguisements de princesses et les capes de superhéroïnes. Sous le lit de Lili-Pierre, des bacs blancs servent de rangement pour des jouets. Charles-Alec bénéficie quant à lui de l’espace sous son lit qui fait ainsi office de minisalle de jeux. Derrière la porte, les petites robes de chambre sont suspendues à des crochets. Lorsque les enfants ne jouent plus avec certains jouets, ils sont aussitôt donnés à des oeuvres caritatives. Il n’y a pas de place pour l’accumulation, admettent les parents qui appréhendent chaque année Noël avec son lot de cadeaux. « On a dit aux gens d’arrêter de nous apporter des jouets », lance le père en riant.

Même la penderie de type walk-in a été mise à contribution. Des boîtes de rangement identifiées trônent au-dessus des cintres. Des rubans accrochés au mur servent de supports pour les barrettes. Et Élisabeth Gosselin a même réussi à trouver un petit coin pour ses propres vêtements.

Ainsi aménagée, la chambre permet à chaque enfant d’avoir son coin à lui, une condition sine qua non lorsqu’ils sont plusieurs à partager une même pièce.

Des lumières, de jolis coussins et les petits recoins donnent à chacun l’impression d’avoir sa cachette.

Lorsque vient le temps du dodo, les enfants blottis dans leur lit ont le droit de regarder une émission pendant quelques minutes grâce à l’écran de télévision accroché au mur, raconte la maman. Elle assure dans la foulée qu’elle n’a pas à les réprimander quand vient le temps de dormir. Chacun ferme paisiblement les yeux sans déranger ses cochambreurs. « S’il y en a un qui se réveille la nuit, les autres lui chantent une chanson », relate Élisabeth Gosselin.

Et quand le bébé vieillira, la mère de famille a déjà des projets. Le lit de bébé et le fauteuil disparaîtront au profit d’un tipi dans lequel on installera un petit matelas. Ça sera le nouveau lit de Léa-Jade.

Refuge d’ados sur mesure

Lorsqu’elle est entrée dans la pièce la première fois, Karine Matte, styliste d’intérieur, trouvait que le repaire d’Alice (12 ans) et de Charlotte (11 ans) avait des airs de « chambre d’hôpital » : deux lits côte à côte, séparés par une table de chevet et une porte de placard difficile à ouvrir en raison de la taille des meubles. Tout un défi l’attendait.

S’inspirer de la housse de couette

Le vieux rose, le bleu pâle et les formes géométriques que l’on trouve sur la douillette ont servi de point de départ pour déterminer les couleurs de la chambre. Karine Matte admet d’emblée que la recherche pour trouver la bonne housse a été ardue. « C’est très difficile quand on cherche pour des préados, dit-elle. On trouvait soit des couleurs trop franches, soit des trucs trop bébé. » Alice et Charlotte ont finalement tranché. De là sont nés les formes de couleur au mur et les petits papillons roses accrochés un peu partout.

Un placard, plusieurs fonctions

La cliente de Karine Matte voulait absolument que la nouvelle chambre soit aménagée avec deux bureaux pour que les filles puissent faire leurs devoirs. Un autre casse-tête en raison de la petitesse de la pièce. La designer a donc reconverti la penderie… en espace de travail. On a retiré les portes, installé un bureau et des petites tablettes amovibles au centre. De chaque côté, les filles ont leur espace pour suspendre leurs vêtements. Dans ce coin intime, il est ainsi plus facile de se concentrer. L’autre bureau, de même dimension, est situé sur le mur adjacent.

Rangement, rangement, rangement

Voilà un autre critère auquel devait répondre Karine Matte. La clé : utiliser l’espace sous le lit. Sous chacun d’eux, les vêtements sont soigneusement rangés dans des boîtes en bois. On en trouve également du côté collé au mur. On interchange les boîtes selon les saisons.

Lit en angle

La disposition des lits joue un grand rôle dans l’allure globale de la petite pièce. Avant la métamorphose, ils étaient placés côte à côte. Résultat : ils occupaient tout l’espace et nuisaient même à l’ouverture des portes du placard. On a donc créé deux lits sur mesure, pour faire en sorte que leur dimension soit adaptée à la superficie de la chambre. Le fait de les placer en angle permet d’avoir plus d’espace au centre de la pièce. La table de chevet en coin vient compléter le décor et permet aux deux filles d’avoir chacune un espace pour installer leur lampe de lecture.

Chambre à deux, petit budget

Lorsqu’elle a emménagé dans son condo d’Outremont, il y a trois ans, Camille Daher cherchait d’abord et avant tout de la lumière et de l’espace dans les pièces communes. Avoir une seule chambre pour accueillir ses deux enfants allait de soi pour elle. Avec les talents de bricoleur de son conjoint et sa créativité à elle, le couple a réussi à créer l’univers bohème de son fils Bazile, âgé de 6 ans, et de sa petite Maxine, qui a trois ans et demi, le tout en respectant un petit budget.

Lire et dormir

Comme le lit de chacun de ses enfants est du même modèle et de la même taille, Camille Daher, elle-même devenue designer après avoir rénové tout son intérieur, a eu l’idée de les coller au mur. Ainsi, le jour ou le soir avant de dormir, en plaçant soigneusement des coussins, l’endroit se transforme en coin lecture. « J’ai disposé les lits de cette façon-là pour avoir l’effet d’une banquette », explique la maman de 30 ans. Pour combler l’espace de chaque côté, à la tête des lits, on a installé des blocs de bois qui servent de tables de nuit. La proximité entre Bazile et Maxine rend-elle le rituel du dodo infernal ? « Mes enfants se disputent toute la journée, admet Mme Daher. Mais quand ils se couchent, c’est fini. Il arrive que mon fils rappelle sa soeur à l’ordre. » Chose certaine, précise-t-elle, « les enfants refusent d’être séparés ».

Panneaux décoratifs

Panneau électrique à camoufler, armoires qui avaient besoin d’être enjolivées, chauffe-eau qu’on ne souhaite pas exhiber, il y avait de nombreux éléments à cacher dans la chambre à coucher des enfants. Camille Daher a donc décidé de tirer profit de ces accrocs au décor et de les transformer en touches de couleur. Comment ? On a donné de la texture en couvrant les armoires d’une mousse matelassée et de tissus de différentes couleurs et de différents motifs. Dans un coin de la chambre, on découvre des oiseaux bleus sur fond marron ou jaunes sur vert pâle et, sur un autre mur, les motifs floraux bleu et blanc sont à l’honneur. « Je préfère les couleurs neutres », indique la maman décoratrice, qui voulait choisir des teintes pour plaire autant à sa fille qu’à son garçon. Derrière ces tissus colorés se cachent également des espaces de rangement pour les vêtements. Les jouets trouvent quant à eux leur place sur les étagères et également dans des bacs de rangement que l’on a glissés sous une table longue. « Et ce n’est pas un fourre-tout », affirme Camille Daher. Chaque boîte de rangement a son rôle : l’une pour les dinosaures, l’autre pour les figurines et encore une pour les blocs… Dans une chambre à deux, tous les jouets ont une place précise. Sinon, le fouillis s’installe.

Éclairage

Lumineuse, voilà l’une des principales caractéristiques de la chambre de Bazile et de Maxine. Mais il n’en a pas toujours été ainsi. Lorsqu’ils ont emménagé, les propriétaires ont fait une découverte surprenante dans cette pièce : l’existence d’une deuxième fenêtre qui avait été condamnée par l’ancien occupant. La chambre, un peu sombre à l’origine, est donc devenue plus ensoleillée. Le couple a également repeint en blanc le plancher qui était à l’origine brun foncé. « Ça fait une énorme différence », lance Camille Daher. Autre astuce, les luminaires en origami qu’elle a fabriqués. Elle en a installé trois dans la pièce et en a confectionné trois autres pour son salon. À cela s’ajoutent d’autres lampes placées à différentes hauteurs ainsi que de petites lumières sur la corde servant à accrocher les dessins des enfants. « Dans une pièce, il faut au moins cinq ou six sources d’éclairage », suggère la designer.

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