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Sournois barrages de glace sur la toiture

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Article par Pierre-Marc Durivage @ La Presse


Il y a deux week-ends, le mercure a plongé de 25 degrés en moins de 36 heures dans le sud du Québec. Des dizaines de millimètres de pluie ont été suivis d’une importante bordée de neige. Et un nouveau redoux se fait sentir. Pour les toitures, c’est le genre de conditions propices aux sournoises infiltrations d’eau.

«Pour les toitures en pente, si elles sont bien conçues et qu’elles bénéficient d’une bonne aération, l’eau glisse correctement même s’il y a des pluies abondantes, explique Sylvain Anctil, directeur technique de l’Association des maîtres couvreurs du Québec (AMCQ). Mais si on voit se former un barrage de glace dans le bas de la pente, l’eau va s’accumuler et s’il y a des ouvertures, que ce soit juste en dessous d’un bardeau décollé ou le long d’un clou moins bien scellé, l’eau va trouver le moyen d’entrer.»

C’est pourquoi l’AMCQ recommande l’utilisation d’une membrane bitumineuse sur les deux premiers mètres de la toiture afin de sceller les clous et étanchéifier la surface. La solution est toutefois d’éviter la formation de glace en tout premier lieu. «La chaleur ne doit pas s’accumuler dans le comble de toit parce que cela fait fondre la neige, précise M. Anctil. Il faut donc assurer une bonne ventilation ; l’air entre par les soffites et sort par un aérateur installé au sommet du toit. Ainsi, même s’il y a des échappements de chaleur, une bonne aération permet d’éviter les problèmes.» Évidemment, ajouter un bon pare-vapeur et une bonne isolation est encore mieux, parce que cela assure un meilleur confort – la chaleur demeure dans la maison en hiver et reste à l’extérieur l’été.

Malgré toutes les précautions, des problèmes peuvent survenir.

«Les noues, points de rencontre entre deux pentes de toit, sont des endroits propices à la formation de barrages de glace. Quand les accumulations sont importantes, la neige n’a pas le temps de fondre à l’occasion de redoux, et ça gèle quand la température chute à nouveau.»

Déneiger le toit de sa maison

Ça pourrait donc provoquer des infiltrations. C’est pourquoi la Régie du bâtiment (RBQ) recommande de déneiger les toits, sans compter que le poids peut aussi causer des stress structurels aux bâtiments. On peut déneiger à partir du sol avec une pelle à toit munie d’un manche télescopique, mais la RBQ avertit toutefois qu’il s’agit d’une opération risquée.

«Il faut communiquer avec un bon couvreur pour dégager ça le mieux possible, corrobore Sylvain Anctil. Par exemple, si on tape sur la glace avec une hache, on risque de briser le bardeau, qui va perdre son étanchéité. Et comme le problème peut s’intensifier et même revenir, il faut aussi régler le problème à la source quand les conditions le permettront.» Il y a aussi des indices qui en disent long sur l’état d’une toiture: «Quand on voit que le bardeau commence à friser et que c’est uniforme sur l’ensemble du toit, c’est de l’usure normale, remarque M. Anctil. Mais si ça survient à un seul endroit, c’est un problème d’humidité qu’il faut régler.»

Enfin, pour les toits plats, la problématique est reliée aux variations de température. «Quand la neige s’accumule et qu’elle se mouille pendant un redoux, il peut arriver que l’eau ne s’écoule pas complètement, explique Sylvain Anctil. On se retrouve ainsi avec un barrage de glace qui forme un beigne autour du drain central. L’eau va s’accumuler sur la toiture et s’il y a un défaut d’étanchéité, il peut y avoir des infiltrations.»

Bien que les toits plats soient conçus pour supporter des charges de neige importantes, ce n’est pas une mauvaise idée d’aller dégager la zone autour du drain. «Toutefois, si c’est gelé, on demande à un maître couvreur de réaliser le déglaçage à l’aide de produits non corrosifs pour ne pas endommager les membranes. Aussi, certaines membranes sont plus fragiles et plus glissantes, c’est le genre de détails faisant en sorte qu’il est recommandé de faire appel à un spécialiste pour déterminer la bonne façon de dégeler un toit», ajoute M. Anctil.

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