Blog Montréal Immobilier

Mesurer la qualité de l’air

Blog Montréal Immobilier Actualités

Article par JULIE ROY @ La Presse


Une transaction immobilière peut impliquer de nombreux professionnels, dont le rôle n’est pas toujours bien connu. Rencontres.

L’EXPERT

MICHEL-ANN CHAMPAGNE

Directrice générale d’Expert Bâtiment et inspectrice en qualité de l’air

DEPUIS 2003

Inodore, incolore, l’air que l’on respire est si présent dans nos vies que peu de gens y portent attention. Lorsqu’il est contaminé, il devient toutefois un enjeu important en raison des problèmes de santé qu’il peut engendrer. Comme personne ne veut acheter une demeure qui peut empoisonner ses futurs occupants, le moindre soupçon devrait être l’objet d’une expertise. Ce rôle est dévolu aux inspecteurs en qualité de l’air comme Michel-Ann Champagne, directrice générale d’Expert Bâtiment.

POURQUOI ENGAGER UN INSPECTEUR ?

Près de 20 % des inspections en qualité de l’air que font Michel-Ann et son équipe sont réalisées en vue de l’achat d’une maison. Règle générale, c’est lorsqu’un problème a été soulevé au moment de l’inspection préachat que ses services sont requis. «  On peut avoir observé des moisissures, des champignons, des odeurs d’humidité ou la déclaration du vendeur a fait état d’une problématique comme un refoulement d’égout ou une plantation de cannabis. Nous pouvons être recommandés par les courtiers, ou c’est grâce au bouche à oreille que les futurs acheteurs cognent à notre porte », souligne l’experte.

L’objectif de son travail : trouver la source de la contamination, son étendue et proposer des solutions. Un problème de qualité de l’air qui n’a pas été détecté au moment d’un achat n’a rien d’anodin et peut faire l’objet de recours pour vice caché. « Ce n’est pas toujours lorsqu’on emménage que les problèmes apparaissent. Cela peut prendre des mois. Nos rapports doivent être réalisés selon les règles de l’art, car ils font souvent office de preuve en cour », explique Michel-Ann.

SUR LE TERRAIN

Tel Sherlock Holmes, le travail d’un inspecteur en qualité de l’air est de trouver des indices. Lors de son enquête, il fait le bilan des symptômes des occupants de la maison, regarde la déclaration du vendeur, fait une inspection visuelle et, au besoin, se déplace avec de l’équipement spécialisé comme une caméra infrarouge, un détecteur d’humidité, un hydromètre magnétique, etc. Parfois, il ne voit rien et doit prendre des échantillons d’air, puis faire des tests en laboratoire pour trouver la source du problème. Quelquefois le problème est si évident qu’il saute aux yeux. « Les principales causes de contamination sont souvent un dégât d’eau, une fissure à la fondation qui permet une infiltration, un problème de drainage, une mauvaise ventilation. Mais parfois, ce sont les habitudes de vie qui sont en cause », dit l’inspectrice en qualité de l’air.

Elle se souvient d’un cas où l’air était vicié en raison d’un encombrement excessif d’une résidence. « Il y avait des boîtes de carton partout, ce qui a entraîné de la condensation puis de l’humidité. Sans parler du fait que l’air ne pouvait pas circuler. C’est la même chose si vous entrez six cordes de bois dans le sous-sol. Il y a fort à parier que vous allez vous retrouver avec un problème d’humidité. »

CONSEILS DE PRO

Avant de recourir à un inspecteur en qualité de l’air, la spécialiste suggère de surveiller le taux d’humidité dans votre maison. Ce dernier ne devrait jamais dépasser les 60 %. Si c’est le cas, il faut ventiler. Si vous devez recourir quand même à un spécialiste, Michel-Ann Champagne recommande de ne jamais accepter d’offre de vendeur itinérant. « Trouvez-vous un spécialiste qui est membre d’un ordre professionnel comme les ingénieurs, architectes, les technologues professionnels du Québec, et faites affaire avec un laboratoire agréé. » En présence de moisissure, il faut d’abord retirer les matériaux contaminés puis utiliser un aspirateur avec un filtre HEPA. « Les gens nettoient avec de l’eau de javel, c’est une erreur. En plus de s’intoxiquer, on ne fait qu’étendre le problème. Il faut ramasser les contaminants avec l’aspirateur et ensuite, laver avec de l’eau et savon. »

COMBIEN ÇA COÛTE ?

Les honoraires professionnels d’un inspecteur en qualité de l’air varie d’une entreprise à l’autre et selon le nombre de tests en laboratoire à effectuer. L’équipe de Michel-Ann Champagne démarre le compteur à 500 $ pour l’inspection uniquement. Le coût est de 800 $ s’il s’avère qu’un échantillon et des tests supplémentaires sont nécessaires, ce qui n’est d’ailleurs pas toujours le cas.

Article original

Laisser une réponse

Veuillez compléter le champ CAPTCHA *