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Le logement abordable : investissement fédéraux en déclin

Idriss Bouhmouch Actualités
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Collaboration spéciale d’Idriss Bouhmouch.

Au début des années 1990, le gouvernement libéral fédéral a décidé de transférer la responsabilité du logement social aux provinces et aux territoires. Depuis ce temps, il y a eu des investissements fédéraux ponctuels dans le logement abordable (ex. en 2005, le gouvernement libéral minoritaire injectait 1,6 million dans les logements abordables, et en 2008, les conservateurs ont débloqués la somme de 1,9 milliard de dollars s’étalant sur une période de cinq ans pour le logement et l’itinérance. Toutefois, la valeur de ces investissements en pourcentage par rapport au PIB a été en recul constant (40 pour cent de moins en 2009 qu’en 1989).
Les gouvernements provinciaux et municipaux ont tenté de prendre la relève, mais face à des recettes fiscales limitées et une nécessité croissante pour les logements, ils ne sont pas en mesure de régler adéquatement le problème. Les organismes sans but lucratif, y compris de nombreuses églises et groupes religieux ont également été très actifs dans ce domaine. Néanmoins, étant donné l’importance du problème, seul une petite brèche a été faite quant à cette crise du logement au Canada.

Moins d’argent pour de nouveaux logements abordables.
Le mandat de l’organisme fédéral appelé Initiative en matière de logement abordable (ILA) et qui fournit de l’argent pour construire des logements abordables, viendra à échéance en 2014. Alors, que les provinces et les territoires (souvent en compagnie des municipalités, des organismes sans but lucratif et du secteur privé) accotent les investissements fédéraux (1$ d’investissements fédéraux devient 3$ ou 4$ à l’échelle local), si l’ILA n’existe plus, la pénurie du logement ne fera que s’aggraver.
Et moins d’argent pour maintenir ce que nous avons déjà.
L’érosion des investissements fédéraux signifie bien moins de logements abordables en cours de construction, il est également plus difficile de conserver et de maintenir ce que nous avons.
Dans les prochaines années, de nombreux accords d’exploitation de logements abordables viennent à échéance ; laissant les fournisseurs face à un avenir incertain. Selon l’’ASSOCIATION CANADIENNE D’HABITATION
 ET DE RÉNOVATION URBAINE (achru), lorsque que ces ententes arriveront à échéance, plus de 300 000 logements sociaux pourrait être vendu ou loué à des prix plus élevés. Ce qui aura un impact négatif et peut-être dramatique sur les ménages canadiens à faible revenu.
La réduction du financement des logements implique la négligence de la restauration de plus vieilles constructions et le maintient du patrimoine. Lorsque les réparations d’un logement ne sont pas effectués en raison du manque de  moyens, la détérioration des conditions réduisent inutilement la durée de vie utile des unités, et augmente la pression de pour le développement de nouveaux logements abordables.

La voie à suivre
Accordons nous que la mise à disposition de logements décents et abordables n’est pas qu’une responsabilité fédérale ; d’autres paliers gouvernementaux, organismes sans but lucratif ainsi que le secteur privé ont un rôle à jouer. Le Canada a besoin davantage de fonds gouvernementaux pour le logement abordable, mais nous avons aussi besoin de planifier une stratégie nationale du logement.
Voici pourquoi:
Nous avons besoin d’une approche globale, à long terme (et non coup par coup) en matière de logement et d’itinérance.
Il faut que tous les paliers du gouvernement s’impliquent car ils en bénéficieraient tous – que ce soit relatif à la réglementation, aux politiques ou au financement – certainement.
Nous avons besoin d’objectifs clairs, d’échéanciers et le suivi des progrès pour assurer la balance économique.
Nous devons trouver des moyens pour permettre la circulation rapide et efficace des fonds fédéraux quant aux logements abordables.
Nous devons inclure les organismes sans but lucratif et le secteur privé afin d’envisager des incitations du développement d’un marché abordable du logement locatif.
Nous devons penser une charte de priorité pour les bénéficiaires des logements, les familles à faible revenu avec enfants, les personnes handicapées mentales ou physiques, et les personnes âgées.

Idriss Bouhmouch, directeur des opérations au Québec de Ratehub.ca

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