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La maçonnerie nous parle

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Article par André Dumont @ La Presse


Plus la brique et le mortier sont âgés, plus ils ont des choses à nous dire! Leur état peut être révélateur de problèmes auxquels il vaut mieux s’attaquer immédiatement…

Immuables, silencieux, sereins… les murs de maçonnerie ont l’air de regarder le temps passer sans jamais broncher. Il suffit pourtant d’avoir l’oeil aiguisé pour découvrir les signaux qu’ils nous envoient. La brique et le mortier peuvent nous mettre sur la piste d’importants maux qui affligent le bâtiment. Voici comment interpréter ces signaux.

Un parement de maçonnerie peut nous révéler ce qui se passe… avec la fondation! La brique et le mortier sont rigides et leur poids s’appuie entièrement sur la fondation. Si cette dernière s’affaisse, elle entraîne avec elle la maçonnerie.

Un affaissement de la fondation provoque des lézardes (fissures en escalier) qui débutent dans les premiers rangs de brique. Souvent, la lézarde s’élargit en montant. Elle peut s’interrompre pour enjamber une fenêtre et se poursuivre dans la brique en hauteur, jusqu’à plusieurs étages plus hauts.

L’affaissement de la fondation peut être attribuable à un problème de sol, comme l’argile qui perd du volume en période de sécheresse. Le béton peut aussi être de mauvaise qualité et s’affaisser. Ou encore, il peut subir des soulèvements lors des épisodes de gel et de dégel. Il faut stabiliser les fondations à coups de milliers de dollars.

Lézardes au-dessus des fenêtres

Des fissures sont apparues au-dessus de portes ou de fenêtres? C’est dû à une faiblesse du linteau, dont la principale tâche est de soutenir le poids de la maçonnerie au-dessus des ouvertures.

Dans les plus anciennes demeures, les briques qui composent les linteaux en arches de maçonnerie ont tendance à s’affaisser, une à la fois ou en groupe. Cela provoque des fissures qui empruntent le mortier pour s’étirer parfois jusqu’à l’allège de la fenêtre du prochain étage.

Les linteaux composés de béton finissent souvent par se fissurer, surtout au-dessus des très grandes fenêtres. En se fissurant, ils entraînent les briques et le mortier qu’ils supportent dans une chute de quelques millimètres. L’eau peut alors s’infiltrer et accentuer les dommages. Mieux vaut changer le linteau et refaire les joints de mortier.

Après une quinzaine d’années, les linteaux en cornières d’acier, qu’on appelle «fers angles», se mettent à rouiller. Cela fait gonfler l’acier, ce qui induit des mouvements dans la maçonnerie au-dessus. Il faut remplacer le linteau et refaire la brique sur au moins trois rangs.

Du sel en surface

On appelle efflorescence les cristaux blancs qui apparaissent sur la brique. Ce phénomène est tout à fait normal sur un parement neuf ou à la suite d’une réparation, puisque la brique et le mortier neufs contiennent beaucoup de sels.

L’efflorescence en soi ne provoque pas de dommages. Elle nous révèle que le mur de brique a été mouillé et qu’en s’asséchant, l’eau qu’il contenait a transporté des minéraux qui se sont déposés sur la surface.

Sur un mur de plus de cinq ans, l’efflorescence nous indique qu’un apport d’eau ou d’humidité inhabituel a été absorbé par la brique. Il peut s’agir d’une infiltration par le toit, d’une fuite d’air chaud et humide de l’intérieur ou d’un mauvais égouttement de l’eau de pluie. Mieux vaut faire appel à un expert pour trouver la source du problème.

Bombements

Après plusieurs décennies de loyaux services, les parements de brique ont tendance à vouloir se détacher du bâtiment. Apparaissent alors les ventres-de-boeuf, ces bombements qui peuvent finir par s’écrouler au sol.

Avec le temps, et lorsqu’il y a abondance d’humidité, les attaches métalliques qui retiennent le parement de brique au bâtiment sont détériorées par la rouille. La gravité ne suffit plus à tenir le tout en équilibre. Les premiers déplacements apparaissent généralement au sommet du mur, ou entre les fenêtres de l’étage supérieur.

Pour repérer un ventre-de-boeuf, on se place le plus près possible du parement, les yeux tournés vers le haut. On peut aussi découvrir des bombements en scrutant la brique le long des fenêtres.

Les déformations dans les parements de brique peuvent être stabilisées à l’aide de tire-fonds qui demeureront visibles. Cependant, la seule solution durable consiste à démonter les portions de murs touchées et remettre la brique en place avec des attaches et du mortier neufs.

Joints friables

À moins d’être exposée à des quantités d’eau anormales, la brique a une durée de vie presque illimitée. Les joints de mortier ont pour leur part une durée de vie estimée à 40 ans.

Dans le parc immobilier montréalais, de nombreux édifices centenaires n’ont jamais été rejointoyés. Certains joints très minces, ou placés en retrait de la surface des briques, survivent brillamment aux affres du temps.

À bien des endroits, le mortier tombe littéralement en poudre. En peignant le mur de brique, on ne fait qu’accélérer la détérioration du mortier. Pour éviter des affaissements et prolonger la vie du parement, ces joints friables doivent être évidés sur environ deux centimètres de profondeur. Le maçon chargé de cette réparation devra prendre soin d’appliquer un nouveau mortier aux apparences et propriétés semblables à celles du mortier d’origine.

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