Blog Montréal Immobilier

Endettés, des jeunes patienteront avant de fonder leur famille

Blog Montréal Immobilier Actualités

Article par EMMANUELLE GRIL @ Le Journal de Montréal


Durant ses études, Benoît, 29 ans, s’est endetté pour un montant de plus de 30 000 $. Aujourd’hui, avec sa conjointe Christine, il souhaiterait fonder une famille et acheter une maison. Mais est-ce vraiment le bon moment ?

Originaire du Bas-Saint-Laurent, Benoît a passé six ans à Montréal pour effectuer ses études collégiales et universitaires. Même s’il travaillait pour joindre les deux bouts, il a contracté un prêt étudiant dont le solde est aujourd’hui de 19 000 $. Il a également utilisé ses cartes de crédit qui totalisent un montant de 12 000 $. Quant à Christine, sa marge de crédit atteint 10 000 $. Le jeune couple doit donc composer avec un endettement total de 41 000 $.

Acquérir une maison

Parce qu’ils ont un emploi et gagnent respectivement 47 000 $ et 40 000 $ annuellement, Benoît et Christine ne sont pas très inquiets pour l’avenir. D’ailleurs, leur taux d’endettement est de 35 %, ce qui demeure dans la limite du raisonnable. Toutefois, ils aimeraient avoir un enfant et s’acheter une maison. « Leur projet d’achat augmentera leur endettement alors que le congé parental de Christine fera baisser le revenu familial », prévient Pierre Fortin, syndic autorisé en insolvabilité, président de Jean Fortin et Associés. Le couple voudrait donc savoir quel serait le meilleur moment pour concrétiser son projet d’acquisition d’une propriété, et comment se libérer de ses dettes.

Retarder l’achat

Acheter une maison coûte cher et entraîne des frais connexes importants : notaire, taxe de mutation (la taxe de bienvenue), déménagement, achat de meubles et d’appareils électroménagers, etc. Si en plus on s’éloigne de son lieu de travail, il faudra aussi débourser davantage pour le transport, éventuellement acheter un véhicule. L’arrivée d’un bébé, surtout un premier enfant, entraîne aussi des dépenses supplémentaires.

Si l’on ajoute à cela la baisse de revenus causée par le congé parental, Benoît et Christine pourraient bien se retrouver dans une situation délicate sur le plan financier et voir leur taux d’endettement exploser. « Par conséquent, je leur recommanderais plutôt de patienter jusqu’à la fin du congé parental avant de concrétiser leur projet d’achat de maison », conseille Pierre Fortin.

Réduire son endettement

En attendant, Benoît pourra en profiter pour réduire son endettement. Comment ? En consolidant ses dettes de cartes de crédit avec un prêt personnel. Cela lui permettra de réduire les taux d’intérêt de 20 % à 12 % et de rembourser plus rapidement : il payera 265 $ mensuellement pendant 60 mois et économisera 2700 $ en frais d’intérêt. Son taux d’endettement passera également de 35 % à 33 %.

Devrait-il adopter la même stratégie pour son prêt étudiant ? « Ce type de prêt ne peut faire l’objet d’une consolidation, car il bénéficie d’une garantie du gouvernement du Québec, ce que la banque ne voudra pas perdre en accordant un prêt de consolidation. De toute façon, les prêts étudiants ont un taux d’intérêt plus bas (variant aux alentours de 4 %) que les prêts personnels, ce qui rend la consolidation peu intéressante », mentionne Pierre Fortin.

Quant à Christine, sa marge de crédit affiche un taux d’intérêt de 8 %, et là encore, il est préférable de la conserver plutôt que de la consolider avec un prêt personnel à 12 % d’intérêt en moyenne.

CONSEILS

  • Avant de mettre leur projet à exécution, Benoît et Christine devraient stabiliser leurs finances et constituer un coussin financier pour faire face aux dépenses imprévues.
  • Ils devraient faire en sorte de contracter une hypothèque raisonnable, qui respecte leur budget et ne les forcera pas à se serrer la ceinture ni à se priver de tous les petits plaisirs de la vie : soupers au restaurant, sorties, vacances…
  • Le danger d’une marge de crédit réside dans le fait que le consommateur n’est obligé de rembourser que le montant des intérêts. Dans ces conditions, la tentation est grande de se contenter de payer le strict minimum… on se retrouve ainsi avec une dette qui ne diminue jamais !

Article original

Laisser une réponse

Veuillez compléter le champ CAPTCHA *