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Dangereux de perdre son job avant de renouveler l’hypothèque ?

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Catherine Girouard, Les Affaires

Perdre son emploi est un stress en soi, et peut le devenir d’autant plus quand on voit son renouvèlement hypothécaire approcher. Tour d’horizon des scénarios possibles.
Premier mot d’ordre : pas de panique. Une perte d’emploi au moment d’un renouveler son hypothécaire ne rime pas nécessairement, et même rarement, avec la perte de la maison. «Dans toutes les institutions financières, le renouvèlement hypothécaire est obligatoire et se fait automatiquement », fait valoir Francis Normandin, conseiller sécurité financière et représentant en épargne collective pour le Groupe Investors.
En d’autres mots, le renouvellement hypothécaire se fait sans avoir à fournir de preuve de revenue, contrairement au processus de négociation initial. Si une institution a accepté de prêter au départ, elle ne peut pas refuser de renouveler l’hypothèque ensuite sous prétexte que les revenus sont moindres. « C’est une loi, pas un choix, pour les institutions financières », souligne M. Normandin.
«Même si les deux membres d’un couple de propriétaires perdaient leur emploi, ils n’auraient aucun problème au renouvellement, leur hypothèque étant tout simplement renouvelée aux mêmes conditions, comme une continuité du prêt », explique le conseiller financier.

La situation peut devenir plus complexe si on désire changer d’institution bancaire ou emprunter un plus gros montant. «La perte d’un emploi enlève clairement un gros pouvoir de négociation, affirme Francis Normandin. Une nouvelle institution n’acceptera pas de prêter à quelqu’un qui n’a pas d’emploi et il ne sera pas possible d’augmenter le montant du prêt hypothécaire. »
Quand l’argent vient à manquer
Des complications peuvent aussi survenir si la perte d’emploi occasionne des défauts de paiement sur les versements hypothécaires. «Ça peut devenir très problématique quand il y a eu 4, 5 ou 6 paiements qui n’ont pas été versés, fait valoir Francis Normandin. L’institution peut refuser de renouveler l’hypothèque et on peut en venir à la reprise de finances.»
Cette situation est toutefois rare. Selon l’analyse des études économiques de Desjardins publiée en avril 2015, seulement 4 % des ménages excèdent le seuil critique qui entraîne souvent une situation d’insolvabilité.
Utiliser l’épargne ou emprunter
Pour éviter le pire scénario, avoir un fond d’urgence est la meilleure protection. Or, les Québécois font piètre figure de ce côté. Selon le centre de recherche Cirano, le taux d’épargne (REER compris) des familles québécoises en 2012 était de 3.1 %, comparativement à 5 % en Ontario et 7.7 % aux États-Unis. Selon un sondage de BMO publié en septembre 2014, les Québécois ont en moyenne 18 557 $ dans leur fonds d’urgence, soit beaucoup moins que les autres Canadiens. Les Ontariens ont par exemple une moyenne de 43 762 $ d’économie et 33 132 $ pour les habitants de l’Atlantique.
Le coussin financier en cas de perte d’emploi peut donc s’avérer rapidement insuffisant, d’autant plus que la durée moyenne de chômage s’étire en général sur 6 mois au Québec et en Ontario depuis la dernière récession.
Pour éviter les défauts de paiements, Francis Normandin suggère de trouver du crédit ailleurs en cas de besoin. « Il y a un danger de surendettement, c’est certains, mais les gens sont souvent très attachés émotivement à leur maison… », soulève-t-il. Et considérant qu’il a fallu en moyenne 120 jours, tous types de propriété confondus, pour vendre une maison au Québec dans la dernière année selon Centris, le crédit peut être nécessaire malgré la vente.
Dans le cas où la perte d’emploi est prévisible, Francis Normandin recommande de renégocier l’hypothèque un peu à l’avance si possible, ou d’emprunter pour se créer un coussin financier. « Surtout dans le cas des familles avec de jeunes enfants, je suggère d’aller se chercher entre 5000 à 15 000$ supplémentaires sur l’hypothèque pour être sûr de ne manquer de rien pendant la période de recherche d’emploi. »

 

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