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Bois, béton, chanvre : nouveaux produits pour construire vert

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GSK

Par Simon Doitte , Les affaires

Le matériau écologique de l’heure, c’est assurément le bois. Chaque mois, on annonce de nouveaux projets au Québec, au Canada et à l’international, qui mettent à profit cette ressource naturelle pour ériger des immeubles de plus en plus hauts. La révolution du bois ne touche pas que les bâtiments commerciaux, comme les bureaux de Teraxion et de GSK à Québec, mais aussi la construction résidentielle multiétage, comme les projets d’«écocondos» Arbora, à Montréal, et Origine, à Québec.

«L’utilisation du bois n’est pas nouvelle en Amérique du Nord, où les maisons sont érigées à 90 % avec une ossature de bois, mais la révolution se passe dans le multiétage. Désormais, avec le bois d’ingénierie et les avancées techniques, il est possible de construire des immeubles de 12 étages et plus en bois», dit Louis Poliquin, directeur de Cecobois, organisation faisant la promotion du bois en construction.

Sur le plan écologique, les avantages du bois sont imbattables. Il est issu d’une ressource renouvelable et locale, sa transformation est peu énergivore et son utilisation contribue à la lutte contre les changements climatiques en stockant le carbone. On estime que l’utilisation d’un mètre cube de bois plutôt que du béton ou de l’acier réduit les émissions de CO2 d’une tonne, ce qui diminue l’empreinte environnementale des bâtiments.

Le bois d’ingénierie le plus en vogue est le bois lamellé-croisé, communément appelé cross laminated timber ou CLT. Conçus en Europe dans les années 1990, ces panneaux en bois massif, constitués de plusieurs planches collées en couches perpendiculaires, sont spécialement adaptés aux constructions en hauteur. Nordic Structures, de Chibougamau, en est le chef de file au Québec. Les condos Arbora et Origine utiliseront du bois lamellé-croisé.

Une technologie mise au point à l’Université de Sherbrooke
Il y a aussi de l’évolution dans le béton. Tricentris, une entreprise qui possède plusieurs centres de tri de matière recyclable au Québec, commercialise le Verrox, une poudre de verre utilisée comme ajout cimentaire. Cette technologie, développée par l’Université de Sherbrooke en collaboration avec la Société des alcools du Québec (SAQ), améliore la performance du béton et réduit les besoins en ciment Portland, dont la fabrication génère beaucoup de gaz à effet de serre. «En plus de constituer une solution de rechange au verre recyclé, le Verrox est de couleur blanche, ce qui réduit les effets d’îlots de chaleur en milieu urbain», dit Grégory Pratte, ambassadeur de Verrox.

Déjà, plusieurs succursales de la SAQ possèdent un plancher de béton en poudre de verre, et plusieurs villes, dont Montréal, l’utilisent pour la construction de trottoirs. «Ce béton est plus perméable que le béton conventionnel, ce qui lui confère une meilleure résistance aux abrasifs», soutient M. Pratte. On étudie d’autres débouchés pour la poudre de verre, notamment dans la composition de l’asphalte. «À moyen terme, on sera en mesure de recycler tout le verre du Québec», affirme l’ambassadeur de Verrox, fabriqué à Lachute.

Autre matériau prometteur : l’isolant thermique en chanvre. Depuis 2010, Matériaux écologiques pour la maison (MEM) de Rimouski développe NaturChanvre, un isolant fait à partir de cette fibre naturelle renouvelable qui pousse en une centaine de jours en fixant une grande quantité de CO2. «Le chanvre se distingue par sa capacité à absorber et conserver la chaleur et à gérer l’humidité», explique Sébastien Bélec, fondateur de l’entreprise, qui envisage la construction d’une usine consacrée à ce nouveau produit en 2016. Ce type d’isolant s’installe comme de la laine minérale.

Des fenêtres plus performantes
Les ouvertures constituent le point faible dans l’enveloppe d’un bâtiment. Mais avec les fenêtres Geneo, c’est de moins en moins vrai. Fabriquées à Delson, sur la Rive-Sud de Montréal, par Net Zéro Performance, ces fenêtres se distinguent par leurs vitrages qui laissent passer 50 % des gains solaires et par leurs cadres hyperisolés, qui sont importés d’Allemagne. «Nous fabriquons les seules fenêtres à être certifiées Passivhaus au Québec», explique Alain Dorais, président de cette entreprise fondée en 2015. Son objectif : approvisionner les constructeurs de maisons passives et nettes zéro, qui sont appelées à se multiplier dans les années à venir.

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